« Il est beau, hein oui, le ciel aujourd'hui ...
- J'l'ai jamais vu aussi étrange ...
- Moi non plus. Comme si un mélange de ténèbre et de sucre s'encrait en lui, chaque jour un peu plus. »
Lui, elle ne savait pas qui il était, et elle s'en foutait. Seulement le fait de parler à quelqu'un qui semblait lui ressembler, l'intéressait.
« Tu viens souvent, ici ?
- J'ai que cet endroit pour me faire bouffer l'âme d'un paquet d'illusion.
- La mer est la plus belle des infinies, je sais.
- Et les étoiles sont les seules qui me font rires avec leurs coquelicots argentés.
- Les roses bleues se dessinent entre la nébuleuse de ton c½ur. Tu les vois ?
- Oui, juste dans le fond de tes yeux. »
Une question trottait dans sa tête. Comment savait-il que c'était sa fleur préférée ?
Et puis, elle avait deviné aux étoiles dans son regard que cet homme qui se tenait à côté d'elle, demeurait celui qu'elle aimait avec son c½ur, et non avec ses yeux.
« T'as l'air de crever dans c'monde ...
- C'est juste que c'est pas le mien. J'ai du tomber du ciel à un moment. Y'a qu'en étant face aux astres imaginaires que je me sens, bien.
- On se libère de toutes nos émotions futiles. En regardant mieux, ce sont elles qui nous détruisent.
- Le vent est le seul qui parvient à me parler, et la mer, le seule qui comprenne mes maux.
- Chante pour moi.
- Quoi ?
- Ton c½ur.
- Il se vide depuis un bon bout d'temps.
- Pense aux coquelicots qui rougissent dans les champs.
- Ils sont éphémères.
- Pas si tu les regardes dans les pupilles de l'intérieur.
- Alors ferme tes yeux et perds toi dans une infini tristesse.
- Lance moi tes sentiments à la gueule. »
« L'océan s'embrouille dans l'ombre
Le soleil crève en silence
Le monde disparaît dans une tache d'encre ...
Y'a plus rien sous les étoiles
Elles s'éteignent de trop pleurer
Crever en silence ...
On oublie d'rêver encore
L'âme embrouillée de trop d'remords
Jetée dans les ténèbres ...
-
Pourtant l'espoir est présent
Dans n'importe quel porte du temps
Il te prends quand t'y crois plus,
Oublié d'être trop perdu.
Regarde droit dans son c½ur
T'y trouveras le bonheur
Un instant éphémère
Mais si sincère ...
Et la danse continue
Le ciel rugit d'amour
Il te crève les yeux de sa beauté
Oublie ton monde et ferme les yeux
Le paradis n'a jamais été aussi beau. »
Ils ont refais en un instant une partie du monde. Elle a rien demandé. Il a continué pour elle. Comme s'il avait lu son c½ur, une fois. Elle a sourit. Le paysage aussi. Content de cette harmonie que les deux jeunes gens lui avaient offerte.
« Tu chantes bien ...
- La mer chante pour moi.
- Elle chante pour tout le monde. »
Ils ont fermés les yeux, synchros. A peine croyable. Ils ont cherchés à travers les mondes une personne qui était comme eux. Et voilà qu'ils se trouvent, parle plus grand des hasards. Là, sur un toit paumé face à une mer déchaînée de les voir se crever l'un l'autre.
« Comment tu t'appelles ?
- Illusion. Et toi ?
- Infini.
- On crève ensemble ?
- Le ciel ou la mer ?
- La mer, elle te chante une berceuse avant te t'endormir ...
- Alors que nos c½urs soient gravés à jamais dans le bleu liquide de tes yeux ... »

